Nepal 09′

17 septembre 2009. Genève. 18h40

J’embarque sur le Vol BA 735 à destination finale de Katmandu.

Pour cette mission, notre fine équipe est composée de 3 éminents géologues en la personne d’Audrey Remi, Guillaume Favre et Romain Chavanel. 2 représentants de la principauté de Montagny nous accompagne: El Padre Armand Favre et Roland Dravet.

L’organisation a été confié à M. Suke qui dirige l’agence Expedition6000 spécialisé dans les trekking peak. Suke a eu l’opportunité de venir travaillé en France puis en Suisse. Il est donc l’un des rares guides népalais à parler couramment notre langue. Vu les fainéant et râleur de français que nous sommes, cela nous épargnera le mal d’essayer de parler anglais… Plus sérieusement ce fut très intéressant de pouvoir puiser sans retenu dans la culture locale de l’ami Suke.

17 jours de marches autour des Annapurna sont au programme. Avec comme “highlight” l’ascension du Chulu Far East (6084m). Le Pisang Peak (6540m) était prévu mais le camp de base aurait été atteint après seulement 3 jours de marches… pas top pour l’acclimatation de nos petits organismes.

18 Septembre 2009. 15h45

Après 2 escales à Londres et Delhi, un nouveau monde s’ouvre à nous…

Tout frétillant nous sortons de l’aéroport Tribhuvan de Katmandu, une sympathique horde de Taxidriver nous attend… on est directe dans l’ambiance du “Temple en bois” (Kath: bois, et mandir: temple ou édifice)

Suke nous sort d’affaires, on s’échappe direction notre belle hôtel de blanc…

L’expédition jusqu’à l’hôtel est assez déstabilisant je dirais. Je ne m’attendais pas à L.A mais là c’est vraiment l’anarchie pour rester poli.

Imaginez une ville d’un million d’habitant ne possédant ni réseau souterrain de canalisations ni d’alimentation en eau et en électricité suffisante… Chaque soir l’électricité est coupé entre 18h et 20h. Certain jour les coupures durent toute la journée paralysant la ville, ses industries.

A première vue, cette instabilité énergétique semble très étonnante vu les colossales réserves hydroélectrique du Népal. En réalité l’Inde a financé en grande partie les barrages, ainsi elle importe plus de la moitié de la production. 1kWh coûte 8 roupies au Népal alors que les indiens l’achète 1 roupie…

La ville s’est étendu de façon totalement anarchique, les voies de communications sont encombrés du matin au soir. Ils nous faut une bonne heure pour traverser le centre ville. Sur un fond de klaxons omniprésent nos petits yeux d’européen allucine, ça grouille dans tous les sens, la misère la plus extrème cotoit les centres commerciaux flambant neufs… La publicité est omniprésente, c’est comme si la foudre des publicitaires s’était abattus sur une ville occidentale il y a 100 ans et je pèse mes mots. Des pub au format 4×3 surplombe de véritable bidonville, le décalage est tellement flagrant, on se demande à qui sont adressés ses messages publicitaires…

Une bonne partie de la population portent des masques, la polution aérienne est impréssionnante principalement causée par les émissions des véhicules et les effluves de nombreux fours à brique illégaux dispersés à travers la région de Katmandou. La situation géographique n’améliore rien, la barrière de montagne qui l’entoure empêche la dispersion des poluants…

On peut ajouter à tout ses problêmes la corruption et l’instabilité politique qui s’amplifie de jours en jours. Pour faire bref le pays ne possède aucune constitution donc aucune loi…

En 2006, le régime autoritaire du roi Gyanendra fut renversée à la suite d’une grêve générale en faveur de la démocratie. Une république a enfin remplacée la monarchie fin mai 2008. Mais depuis les différents partis politiques se renvoient la balle et rien n’avance. Suke nous confie que si aucune entente n’est trouvé d’ici peu, c’est l’armée qui reviendra au pouvoir…

On se rapproche de l’hotel, je sens qu’on va dormir dans une cabane en bambou mais miracle du capitalisme, au bout d’une ruelle en terre, un massif hotel 5 étoiles se dresse c’est le Radisson Katmandu… tellement honteux! Tous les hotels pour blanc plein de sous qui sont juste là pour regarder la misère sont tous au même endroit. On rejoint l’Hotel Manaslu un peu plus loin, plus modeste mais tout de même invraisemblable…

Tout le monde à hate de quitter cette fourmilière bruillante pour rejoindre l’air pure de l’himalaya.

19 Septembre 2009.

La suite arrive…